Annexe II

Généalogie particulière
de Samori et des Touré d'Odienné

Dossier familial Vakabala, transmis oralement puis consigné par écrit. Cette page en donne la lecture intégrale, lignée par lignée : chaque nom conduit à sa fiche détaillée.

Note de provenance

L'Annexe II est un dossier généalogique familial. Les générations antérieures à Vakaba et Samori ne sont connues que par ce document et ne peuvent être recoupées par une source indépendante : elles sont signalées comme tradition familiale. À partir de Vakaba, fondateur d'Odienné, et de Lafiya, père de Samori, la filiation rejoint des travaux publiés, indiqués sur chaque fiche. Les datations antérieures à 1890 sont approximatives, par tranches de trente ans, conformément au document.

Annexe II — Généalogie particulière de Samori et des Touré d'Odienné (dossier familial Vakabala, tradition orale consignée par écrit).

Lecture intégrale

32 entrées portées par l'Annexe II.

  • Magandyouv. 1470Recoupé par une source publiée
    venu du Yémen à Tombouctou ou à Guindyo

    Ancêtre fondateur de la lignée, arrivé du Yémen au XVe siècle. Selon la tradition, il s'installe entre Tombouctou et Guindyo, ouvrant la migration des Touré vers l'Afrique de l'Ouest.

    • Fabouv. 1500Recoupé par une source publiée
      à Tombouctou ou à Guindyo
      • Silimaganv. 1530Recoupé par une source publiée
        à Dia ou à Djenné

        Génération de l'installation dans la boucle du Niger, à Dia ou Djenné, foyer intellectuel et commerçant du Mali médiéval.

        • Fèrèmanangov. 1560Recoupé par une source publiée
          à Djenné
          • Sidikiv. 1590SidikilaRecoupé par une source publiée
            fonde Sidikila

            Fondateur du village de Sidikila, sur la rive gauche du Sankarani, à une quinzaine de kilomètres de Niani (ancienne capitale du Mali). Yves Person, qui reconstitue la même chaîne d'ancêtres que l'Annexe II, situe sa naissance vers 1590 et la fondation du village dans la première moitié du XVIIᵉ siècle. Ses descendants fournissent encore les marabouts du village. Person précise que les deux lignées les plus illustres des Touré — celle de Vakaba à Odienné et celle de Samori — se rattachent à Sidiki par des généalogies « précises et dignes de confiance », tout en rappelant qu'une filiation adoptive (par le dyamu) ne peut être exclue.

            • Amadouv. 1620SidikilaRecoupé par une source publiée
              à Sidikila

              Patriarche à partir duquel se déploie l'éventail des grandes branches Touré : Sidikila, Binko, Kofilakoro puis Manyambaladougou.

              • Zoumana-Dyanv. 1650SidikilaRecoupé par une source publiée
                de Sidikila
                • Mammiv. 1680SidikilaTradition familiale
                  à Sidikila
                  • Lafiyav. 1710SidikilaTradition familiale
                    à Sidikila
                    • Keni-Brèma (Biramadyan)v. 1740SidikilaRecoupé par une source publiée
                      à Gbaralo

                      Aïeul de la branche Maféléba / Odienné : c'est lui qui quitte Sidikila, dont Sidiki serait son trisaïeul. Yves Person situe sa naissance vers 1710 (l'Annexe II conduit plutôt à v. 1740 : écart de datation signalé, non tranché). Person note que les Touré d'Odienné étaient essentiellement tisserands, profession absente de la lignée de Samori. À ne pas confondre avec Kémé-Brèma, frère cadet de Samori Touré et général de son armée un siècle plus tard : Kèmè-Brèma / Kéni-Brèma (« le jeune lion ») est un nom honorifique porté par plusieurs hommes de la lignée à des générations différentes.

                      • Dousoumoriv. 1770MafélébaRecoupé par une source publiée
                        à Maféléba
                        • Mammiv. 1800MafélébaRecoupé par une source publiée
                          à Maféléba
                          • Sananfèrèv. 1830MafélébaRecoupé par une source publiée
                            à Sananfèrèdougou
                          • Sanousiv. 1830MafélébaTradition familiale
                      • Fèrèmori (Kabakoro)v. 1770Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
                        à Maféléba
                        • Vakabav. 1800Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
                          fonde Odienné

                          Fondateur d'Odienné (nord de l'actuelle Côte d'Ivoire), figure fondatrice de la principauté du Kabadougou. Chef militaire et diplomate qui, vers 1848, structure le pouvoir Touré dans la région après une victoire sur le royaume voisin du Nafana. Épouse Tata (Matata) Doukouré. Meurt vers 1858 (selon Wikipedia EN, d'une piqûre d'insecte infectée) ; un premier successeur règne alors brièvement, entre 3 et 9 mois selon les sources orales, avant l'accession de son fils Mocktar.

                          • Ibrahima Tourév. 1830Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
                            à Odienné

                            Deuxième roi du Kabadougou, fils aîné de Vakaba, il ne règne qu'environ un an après la mort de son père avant d'être remplacé par son frère Mocktar. Sa brève régence est mentionnée par le mémoire familial d'El Hadj Baramosso Gaoussou Touré. Les archives et traditions dépouillées par John O'Sullivan décrivent exactement ce règne d'un an (1858-1859) mais nomment ce premier fils VaBrema : les deux appellations désignent selon toute vraisemblance le même personnage, sans qu'aucune source consultée ne le dise explicitement.

                          • Mocktar Touré (Tognin Brahima)v. 1830Odienné (Vakaba)Abondamment attesté
                            à Odienné

                            Troisième roi du Kabadougou, fils de Vakaba né de Tata (Matata) Doukouré. Connu aussi sous les noms de Tognin Mamy et Tognin Brahima. Son règne, marqué par la fondation du domaine royal de Massadougou (« le domaine du roi ») pour garantir l'autonomie alimentaire de l'armée, s'appuie sur son chef de guerre Bounou Mamery. Il étend l'autorité d'Odienné jusqu'à Borotou (100 km au sud) et sur une partie du Konya (Sokourala, Fouala, Singo). Ses descendants directs forment le Moutardjidougou (ou Tatadougou). Durée du règne : 27 ans selon l'Annexe II, 18 ans selon le mémoire familial récent — un écart de datation signalé mais non tranché. Les archives coloniales dépouillées par John O'Sullivan le nomment VaMukutar et datent son règne de 1859 à 1875, ce qui recoupe les 27 ans de la tradition familiale à deux ans près.

                            • Malon Brahimav. 1860Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
                              à Odienné

                              Petit-fils de Vakaba par son père Mocktar Touré. Désigné chef d'Odienné après la destitution de son cousin Moriba par l'administration coloniale française, au tournant du XXe siècle. C'est lui qui, en 1905, en cohérence avec l'abolition coloniale de l'esclavage, prononce la déclaration intégrant les affranchis comme « parents à part entière » de Vakabala — décision fondatrice de la structure familiale élargie racontée sur la page Familles alliées.

                      • Matyèwa (Bawa-Korowa, Karamokhowa)v. 1770Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
                        à Samatiguila
              • Oumori-Bav. 1650Kofilakoro / BinkoTradition familiale
                à Binko
                • Binko-Moriv. 1680Kofilakoro / BinkoRecoupé par une source publiée
                  à Binko
                • Fabouv. 1680Kofilakoro / BinkoRecoupé par une source publiée
                  à Kofilakoro
                  • Yabav. 1710Kofilakoro / BinkoTradition familiale
                    à Kofilakoro
                  • Marèsav. 1710Kofilakoro / BinkoTradition familiale
                    à Kofilakoro
              • Vafèrèv. 1710Manyambaladougou (Samori)Tradition familiale
                à Manyambaladougou
                • Karfav. 1740Manyambaladougou (Samori)Recoupé par une source publiée
                  à Manyambaladougou
                  • Samorigbèv. 1770Manyambaladougou (Samori)Abondamment attesté
                    à Manyambaladougou

                    Grand-père de Samori Touré, dont l'almamy reçoit le nom selon la coutume du nom du grand-père. Yves Person précise qu'il tenait lui-même son nom de sa mère, Sa Kamara, venue du Konianko, et qu'il épousa une Kamara de bonne famille à Ienko, dans le Bambadougou — cette femme, une Dyanka, mettant au monde Lâfiya entre 1800 et 1810. C'est la génération où, de père en fils, l'enracinement dans le terroir et les mariages en lignées kamara animistes achèvent d'éloigner la famille du commerce et de l'islam.

                    • Lafiya (Lanfia Touré)v. 1800Manyambaladougou (Samori)Abondamment attesté
                      à Manyambaladougou

                      Père de Samori Touré, né à Manyambaladougou entre 1800 et 1810 selon Yves Person. Connu dans les sources publiées sous le nom de Lanfia (ou Kèmo Lanfia) Touré — variante phonétique de « Lafiya » conservée par l'Annexe II. Person le décrit comme un très gros éleveur, « riche en bœufs », ayant un peu voyagé dans sa jeunesse puis pleinement enraciné dans le terroir du Konyan : initié au Kiba, proche des Foula païens, rendant un culte régulier aux divinités du terroir — avec lui, écrit Person, « l'islam est mort sans remède » dans la lignée. Il s'opposa d'abord au désir de commerce de son fils aîné Samori, avant de céder devant son obstination. Époux en premières noces de Masorona Kamara.

                      • Samoriv. 1830Manyambaladougou (Samori)Abondamment attesté
                        à Manyambaladougou

                        Samori Touré (v. 1830 – 1900), fondateur du Wassoulou, chef d'un vaste empire militaire qui résiste à la conquête coloniale française jusqu'en 1898. Figure majeure de la résistance africaine. Né à Manyambaladougou d'un père dyula, Lanfia (Lafiya) Touré, et d'une mère du clan Camara, Sokhona (Massona) Camara ; la famille s'installe peu après sa naissance à Sanankoro. Frère de Kémé-Brèma, l'un de ses principaux généraux. Yves Person, qui a recueilli la tradition familiale « très solide » de Manyambaladougou, précise qu'il grandit auprès de son père « riche en bœufs » entouré de nombreux frères nés peu après lui, et qu'il fut confié selon la coutume à Masako, coépouse de sa mère — usage destiné à prévenir la haine entre demi-frères en milieu polygame.

              • Lanzév. 1710Manyambaladougou (Samori)Recoupé par une source publiée
  • Reine Matata Doukourév. 1810Odienné (Vakaba)Recoupé par une source publiée
    à Odienné (famille Doukouré, Samatiguila)

    Reine mère du Kabadougou. Issue de la famille Doukouré, choisie comme épouse par le roi Vakaba Touré après consultation des savants du royaume qui prédisaient qu'elle porterait en elle la venue d'un grand roi. Mère du 3ᵉ roi Mocktar Touré, sous le règne duquel le royaume atteignit son apogée. Durant le règne de son fils, elle fit établir sur une entrée du domaine royal de Massadougou un site de prière, à l'emplacement où se dresse aujourd'hui la mosquée de Kotouba. Le roi Vakaba avait personnellement logé la famille Doukouré au cœur du cercle de commandement du royaume, à proximité du site offert à la famille Savané.